Le Grand Paris enfumé

C’est mal parti pour le Grand Paris. La nomination d’André Santini à sa tête ne laisse rien présager de bon.

C’est sans doute une humiliation pour Christian Blanc de voir ce personnage reprendre son « grand projet ». La nomination de ce grand ami des promoteurs va sans doute permettre de relancer le secteur du BTP dans la région (mais pas de faire baisser les prix de l’immobilier, ni d’améliorer la qualité de vie des habitants moyens, faut pas rêver).

André Santini- Wikipedia

André Santini- Wikipedia

Et la limite d’âge?

Lors du vote de la loi sur le Grand paris, les sénateurs avaient obtenu que la limite d’âge pour le poste de président de la « Société du Grand Paris » demeure à 65 ans.

On se souvient que cette règle a été le prétexte pour l’éviction de Patrick Devidjian du poste de président de l’EPAD (Etablissement Public d’Aménagement de la Défense), pour laisser la chaise à un jeune  dépourvu de diplôme et d’expérience, car il faut bien leur laisser leur chance à ces jeunes. Et puis, il le valait bien (merci madame Liliane).

Pour la présidence de l »Etablissement Public de Paris-Saclay, la dérogation sur la limite d’âge avait été acceptée, il était question de pouvoir confier cette charge à un scientifique reconnu et expérimenté.

Mais pour la Société du Grand Paris,  le gouvernement a choisi de ne pas suivre le vote du parlement, et de nommer ce cher fumeur de cigares, qui a souvent la grosse tête, comme un autre amateur de Havane ayant sévi sur ce projet et l’ayant quitté suite à rupture conventionnelle ( « démission »).

Transparence ?

La fumée risque de recouvrir davantage la région, quand nous souffrons déjà de pollution. Mais André Santini connaît ses classiques: casser le thermomètre (ou Airparif sur Issy-les-Moulineaux en cas mauvais chiffres de pollution). Et dans sa ville, on possède un certain savoir-faire: L’ancien incinérateur d’Issy-les-Moulineaux part en fumée (mais la nouvelle usine enterrée semble plutôt une réussite).

Les écuries d’Augias du 9-2 risquent de s’étendre sur l’Ile de France.

L’homme de la situation ?

Maire d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) depuis trente ans, député (Nouveau Centre), Santini s’est surtout distingué côté talents urbains par un bétonnage en règle de sa ville, couverte de bureaux. Un exemple parfait des excès de la décentralisation, ce qui ne fait pas de ce maire un coordinateur né. Et Santini a été absent du débat sur la métropole. (Libération)

Pourtant, il s’agit d’un homme d’expérience, notre député-maire, également:

conseiller régional, vice-président de la Communauté d?agglomération Grand Paris Seine ouest, président du Syndicat des eaux d?Ile-de-France et président du comité de bassin de l’Agence de l?eau Seine-Normandie.

Par honnêteté, il vient de démissionner de son poste de conseiller régional.

Il assure avoir de bons contacts avec les élus, mais il semble qu’il ne suffise pas de les faire rire, car semble-t-il, il n’a pas que des supporters, même à droite: Santini isolé sur l’Ile-de-France.

Ce choix est un défi au suffrage, puisque André Santini n’a eu la majorité ni dans sa ville ni dans les Hauts-de-Seine aux dernières élections régionales. » A droite aussi, certains évoquent une « erreur stratégique ». « On va encore dire que le clan Sarkozy veut tout rafler. Ce n’est pas bon, surtout en ce moment, il aurait fallu quelqu’un de plus neutre », soupire un élu UMP des Hauts-de-Seine sous couvert d’anonymat. Un autre insiste : « L’image des Hauts-de-Seine est liée aux affaires et à l’argent. La nomination à la tête du Grand Paris d’un élu renvoyé en correctionnelle pour détournements de fonds présumés dans le cadre de l’affaire Hamon n’est pas de nature à améliorer cette image. » (Le Parisien)

Jeu de billard ?

Mais si André Santini, député- maire d’Issy-les-Moulineaux, est nommé à ce poste, pourra-t-il le cumuler avec  toutes ses autres fonctions ? Ne devrait-il pas rendre un de ses tabliers, pour permettre à un jeune étudiant de répondre à sa vocation héréditaire? Ou à un des plus mordants des « chiens de garde » de se trouver une niche élective : Issy-les-Moulineaux: Jean Sarkozy et Frédéric Lefebvre en mode vautour?

L’élection d’André Santini à la tête de la Société du Grand Paris vivement critiquée

publié le 22 juillet 2010- www.localtis.info

« J’ai accepté cette mission parce que je pense pouvoir rendre service et que j’ai de bonnes relations avec tous les élus. » Si André Santini, député-maire d’Issy-les-Moulineaux, est satisfait de son élection à la présidence du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris (SGP), intervenue le 21 juillet à l’issue de la première réunion du conseil et en l’absence des élus de gauche, qui ont boycotté le vote, d’autres grincent des dents. « Une fois de plus, la promesse d’une concertation avec les élus locaux d’Ile-de-France s’envole. L’Etat et le gouvernement souhaitent par dessus tout garder la mainmise sur ce dossier, quitte à persister en faveur d’un projet bâclé et inadapté », a par exemple dénoncé, comme d’autres, Cécile Duflot, présidente des Verts-Europe Ecologie au conseil régional d’Ile-de-France. Autres critiques invoquées : l’incompatibilité entre les postes de député et de président du conseil de surveillance de la SGP, ainsi que la dérogation dont André Santini, qui aura 70 ans en octobre, a bénéficié eu égard à son âge. Le député-maire n’aurait en principe pas pu remplir cette fonction au sein de la SGP, puisque selon la loi de 1984 sur la fonction publique et le secteur public, l’âge limite est fixé à 65 ans. Mais le décret sur le Grand Paris stipule qu’exceptionnellement, le président devra être âgé de moins de 70 ans. D’autres se sont également indignés de la procédure. « Ce n’est pas une élection, c’est une désignation », a ainsi commenté Didier Arnal, président du conseil général du Val-d’Oise.

Reste que les missions du nouveau président ne sont pas simples. Depuis le lancement du projet, les critiques des élus locaux se sont multipliées, rendant très houleux les débats parlementaires sur le projet de loi relatif au Grand Paris. Au centre des discussions : le projet de double boucle de métro automatique (130 km) permettant de relier une dizaine de pôles de compétitivité et clusters (Plaine-Commune, Roissy, Orly, Saclay, La Défense, Champs-sur-Marne, Evry, Seine-Oise et Montfermeil-Clichy-sous-Bois) auquel les élus de gauche – Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, en tête – ont opposé un projet de rocade ferroviaire Arc Express (60 km) davantage centré sur l’agglomération. Le débat public doit démarrer le 1er octobre 2010 pour se terminer le 1er février 2011.

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Une réponse à Le Grand Paris enfumé

  1. Mamouchka dit :

    En fait, pour bien comprendre le dossier, il suffirait de toujours opter pour une mesure qui fâche pour anticiper sur ce qui va être fait ?
    C’est sympa la région parisienne !

    Mamouchka.

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