Feed on
Posts
comments

Le Grand Paris sans Blanc

Christian Blanc a démissionné.  Peu de ceux qui ont suivi le dossier du Grand Paris ou celui de l’aménagement du Plateau de Saclay regretteront son départ.

En suivant ce projet, j’ai eu l’occasion d’entendre plusieurs témoignages de la difficulté de travailler avec lui, même avec un a-priori très positif. Les avis semblent unanimes, qui évoquent une gestion autocratique du dossier du “Grand Paris”. François Fillon lui-même avait subi les foudres de Christian Blanc pour avoir osé modifié un texte.

Michel Mercier le remplace. Nous pouvons aujourd’hui espérer une meilleure concertation autour de ce dossier, s’il a les mains libres.

Voici quelques extraits d’articles sur le départ de Christian Blanc (sans cigares)

Christian Blanc abandonne le Grand Paris

Le secrétaire d’Etat chargé du Développement de la région capitale paye-t-il, comme l’écrivent les Échos, les conséquences des cigares achetés avec les deniers publics, son manque de souplesse, notamment avec les élus ? Ou plutôt, renouant avec la série de démissions « de caractère » qui émaillent sa carrière, se serait-il agacé d’avoir à rendre des comptes à une opinion publique qui le juge sévèrement, à une autorité supérieure tout bonnement, et… aux élus qui le contestaient dans son projet et dans ses manières ?

Christian Blanc avait posé problème par le style secret, peu consensuel voire cavalier qu’il avait adopté dans son traitement du dossier du Grand Paris. Les confrontations avaient été nombreuses, tant avec ses collègues ministres, les équipes d’architectes consultées qu’avec les principaux élus de la Région.

L’État ne peut ici progresser que dans la concertation et il est probable que l’affabilité de Michel Mercier devienne un outil fondateur.

Réactions politiques

Voici des réactions d’hommes politiques à la démission du secrétaires d’Etat au Grand Paris,  Christian Blanc  (AFP):

- Jean Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France, “prend acte de la démission de Christian Blanc, annoncée par l’Elysée, preuve s’il en est d’une crise gouvernementale”. M. Huchon “qui n’a cessé de déplorer la méthode de travail du secrétaire d’Etat, attend désormais de l’Etat concertation et respect des collectivités locales dans la mise en oeuvre des grands projets d’aménagement de l’Ile-de-France”(communiqué)

- Marc Fesneau, secrétaire général du MoDem: “ces démissions sont logiques et étaient inéluctables au regard de ce qu’avait révélé la presse sur le comportement inadmissible de ces deux secrétaires d’Etat (…) Ils auraient dû quitter d’eux-mêmes le gouvernement pour des questions d’éthique et de cohérence. Ces démissions étaient nécessaires, elles ne seront pas suffisantes pour rétablir la confiance. En effet, au-delà des cas personnels, le MoDem demande à ce qu’enfin soient posées des règles claires sur les dépenses publiques liées aux fonctions des ministres et des élus. C’est à ce prix que la classe politique pourra enfin retrouver la crédibilité et la confiance qu’elle a trop souvent perdues ces derniers temps vis-à-vis des citoyens” (communiqué)

- Yves Pozzo di Borgo, sénateur Nouveau Centre, “salue le sens de la responsabilité de Christian Blanc”, qui “manquera au Grand Paris”. “Il avait une vraie vision d’avenir de l’aménagement de la région parisienne. Il était un remarquable maître d’oeuvre de ce grand projet présidentiel, qu’il aura porté avec succès sur les fonts baptismaux” (communiqué)

Le Grand Paris poursuit sa route, Christian Blanc reste à quai

publié le 05 juillet 2010 sur www.localtis.info

Le secrétaire d’Etat au développement de la région capitale est contraint de quitter le gouvernement au moment où le chantier du Grand Paris ne fait que démarrer. L’ancien PDG d’Air France et de la RATP avait pris ses fonctions mars 2008 et il “démissionne” un mois après la promulgation de son texte très controversé. Entre la présentation du projet de loi du Grand Paris et son vote par les deux assemblées, les collectivités de tous bords n’ont eu de cesse de dénoncer un passage en force, des critiques unanimes à gauche mais rassemblant aussi une partie de la droite. Christian Blanc avait bien tenté une réconciliation fin mai mais c’est finalement le chef de l’Etat qui a pris les devants en réunissant au cours d’un déjeuner, le 10 juin, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, au côté de son ministre. Dans le même temps, le gouvernement s’est décidé à transmettre au Conseil d’Etat le schéma régional de développement de la région Ile-de-France (Sdrif), préalable nécessaire à la mise en œuvre de cet autre gros projet d’aménagement régional.
A présent, le dossier du Grand Paris va être confié Michel Mercier, ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire, connu pour son sens de la diplomatie. Ce dernier d’ailleurs avait pris ses fonctions lors du remaniement de juin 2009 pour tenter de réconcilier le gouvernement avec les territoires, à la suite d’une gestion maladroite de nombreux dossiers, au premier rang desquels la réforme de la carte judiciaire.
Lancé en grand pompe par le président de la République au Palais de Chaillot en avril 2008, le Grand Paris se résume pour le moment au projet de métro automatique dont le coût estimé à plus de 21 milliards d’euros devra sans doute être réévalué. Le Parlement a en effet décidé la juxtaposition de deux projet : celui de “grand huit” porté par Christian Blanc et celui défendu par la région Ile-de-France d’Arc Express. Les deux projets feront l’objet d’un débat public concomitant à partir du mois d’octobre prochain jusqu’en janvier 2011. Christian Blanc avait annoncé le début des travaux en 2013 pour une mise en service en 2023. La société du Grand Paris (SGP) qui sera chargée de mener à bien les travaux dispose d’ores et déjà d’un “préfigurateur”. Or le poste a été dévolu à l’ancien directeur de cabinet de Christian Blanc, Marc Véron, nommé par un décret du 2 juillet 2010. Celui-ci était jusqu’ici pressenti pour prendre les rênes de la future SGP.

M.T.

Quel “Grand Paris” sans Christian Blanc ?

Sur France-Info, un débat intéressant (suivre le lien pour l’écouter)

Le Grand Paris, c’était Christian Blanc qui devait l’incarner, le porter. C’est désormais Michel Mercier (Aménagement du territoire) qui gère le dossier. Mais de quel Grand Paris va-t-on désormais parler ?

Christian Blanc, l’ancien patron d’Air France et de la RATP, qui était en charge du “développement de la région-capitale” depuis mars 2008 au gouvernement, aura réussi à faire passer ce projet de “double boucle” de 130 km, pour un investissement non financé de 21,4 milliards d’euros. Un projet controversé…
Lors du débat parlementaire, le Grand Paris avait été critiqué par une partie de la droite et la gauche unanime avait fustigé un projet “autoritaire”, “recentralisateur”, au coût “pharaonique”.

Le fumeur de cigares le plus célèbre de France se voyait presque en baron Haussmann Il se voulait le grand architecte du Paris du XXIe siècle. Mais ce grand projet lui vaut aujourd’hui nombre d’inimitiés, Jean-Paul Huchon, ancien camarade de promotion, en tête. Et dont le projet d’une rocade ferroviaire, (deux arcs de métro censés faciliter les liaisons banlieue-banlieue) a été abandonné au profit du projet de Christian Blanc..

Après la démission de ce dernier, que va devenir aujourd’hui le projet du Grand Paris ?

Pour en débattre :

  • Sandra Moatti d’Alternatives Économiques,
  • Nicolas Baverez, essayiste et économiste.

Le duel du jour : l’avenir du Grand Paris, après la démission de Christian Blanc (6′29″)

Autres articles

Que sera le Grand Paris sans Christian Blanc?

Nicolas Sarkozy débloque le dossier du Grand Paris

Grand Paris : Michel Mercier reprend le flambeau

La loi est votée. Il n’y aura pas de consultation publique sur le projet du Plateau de Saclay. Les grues sont déjà en place. La “communication descendante” fait la promotion de ce projet tout ficelé. Avec un peu de “vert” et de “paysager” pour éviter les questions trop dérangeantes des habitants du secteur.

Le projet de “campus” a été présenté lors d’une réunion publique, qui s’est déroulée le 10 juin à Jouy en Josas, avec Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Voici le compte-rendu de cette réunion dans un journal local des Yvelines (cliquer sur l’image pour agrandir).

Toutes Les Nouvelles réunion du 10 juin

Toutes Les Nouvelles réunion du 10 juin

Voici des annonces et des commentaires sur cette réunion (je n’y ai pas assisté et n’ai rencontré directement aucun participant pour un compte-rendu spécifique)

OIN de Saclay : présentation des premiers schémas

Jouy en Josas - jeudi 10 juin 2010 - La plateau de Saclay

Saclay invente l’université du XXIe siècle

Mais le problème de l’écoulement des eaux n’a pas été évoqué semble-t-il. Pourtant, un peu plus tard:  Orages et Inondations

Et si les élus locaux (même ceux n’appartenant pas à la “majorité présidentielle”), ainsi que les associations, qui connaissent bien le secteur, étaient enfin écoutés par les “décideurs” !

A propos d’associations, les Amis de la Vallée de la Bièvre ont une analyse intéressante des négociations entre l’UMP et le PS, ou l’Etat et la Région: “Vote de la loi Grand Paris par le Parlement”

Enfin, après un feuilleton politicomédiatique, un compromis a été trouvé entre JP Huchon, C. Blanc et B Delanoë. Le PS n’a pas attaqué la loi du Grand Paris au Conseil Constitutionnel, où elle aurait été en difficulté selon les spécialistes. En parallèle, le schéma directeur d’Île de- France (SDRIF), voté depuis septembre 2008 par la Région mais bloqué depuis par l’État, sera enfin approuvé avant d’entrer à nouveau en révision pour mise en accord avec la loi Grand Paris (mais cela prendra au moins deux ans).

Saclay à reculons

Les Grandes Ecoles de la Région Parisienne, ainsi que l’Université d’Orsay et la Faculté de Pharmacie de Chatenay-Malabry, sont sommées par Valérie Pécresse de venir s’établir sur le Plateau de Saclay. Mais il semble que l’enthousiasme ne soit pas au rendez-vous.

Messieurs les Directeurs, vous fuirez à Saclay,

En rêvant de Shanghai et de notoriété.

Mais il est une chose que vous ne voyez pas:

A Saclay, c’est en France qu”on vous oubliera

C’est ce qui ressort de ce dossier du mensuel Les Enjeux-Les Echos, du mois de mai.

Les-Echos-Saclay-Grandes-Ecoles-p1

Les-Echos-Saclay-Grandes-Ecoles-p2

Les-Echos-Saclay-Grandes Ecoles-p3

Ainsi, il n’y a pas que les étudiants et enseignants de l’Université d’Orsay, qui préfèreraient rester immergés dans la vie citadine, avec souvent des environnement agréables (jardin botanique d’Orsay, Parc de Sceaux, Paris intra-muros,  …)

Et Paris veut garder ses étudiants en science!

Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris : «Le nombre global de mètres carrés scientifiques ne devra pas diminuer au centre de Paris»

La Ville de Paris et ParisTech renforcent leur coopération dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche

Versailles Grand Parc

Comme les autres Communautés d’Agglomération entrant dans le périmètre de l’Etablissement Public du Plateau de Saclay, Versailles Grand Parc a réagi sur le projet de loi.

Lors du Conseil Communautaire du 25 mai, l’OIN Paris-Saclay a été mise à l’ordre du jour. En voici un résumé non-officiel, par une personne ayant suivi cette séance

Deux  motions avaientt été votées par VGP

Les demandes principales de VGP:

  • La protection des espaces naturels et agricoles (2300ha)
  • Les transports en commun : abandon de la création du Syndicat Mixte spécifique et articulation du plan régional et du métro automatique.
  • Les équipements publics et infrastructures : délai raisonnable de négociation pour la programmation globale des investissements devant précéder ou accompagner l’aménagement sur le périmètre de l’OIN
  • La gouvernance du nouvel Etablissement public Paris Saclay

Lors du passage du projet de loi au Parlement, les élus de Versailles Grand Parc ont rencontré Christian Blanc, Secrétaire d’Etat,  et Jean-Pierre Fourcade, rapporteur au Sénat.

Principales avancées obtenues par VGP :

Modification des dispositions du Titre V relatives à la création du cluster Paris - Saclay :

  • Art. 22 -Composition du conseil d’administration du futur Etablissement Public de Paris - Saclay  (EPPS): 21 membres (CMP)
    • Représentants de l’Etat (4 membres)
    • Représentants des collectivités (9 membres) appartenant au périmètre d’intervention de l’EP (communes, EPCI, Départements, Région),
    • 3ème et 4ème collèges : 4 représentants.
  • Art. 28 - protection des espaces agricoles : la zone de protection naturelle, agricole et forestière du Plateau de Saclay comprend au moins 2.300 ha de terres consacrées à l’activité agricole [...].
    La délimitation de cette zone, non urbanisable, sera délimitée par décret dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la Loi.
    (Les 2300 ha sont inclus dans la petite région agricole de Saclay)
  • Art. 29 - création d’un Syndicat mixte des transports : Ce syndicat élabore un PLD qui porte sur les services réguliers et à la demande assurés (suppression de « intégralement ») dans le périmètre d’intervention du syndicat [...].
  • Art. 29 nouvel article - Le I (constitution du syndicat mixte) entre en vigueur si le STIF ne délègue pas, avant le 1er juillet 2011, une partie de ses attributions afin d’assurer (suppression de « intégralement ») la desserte des organismes exerçant des activités d’enseignement supérieur et de recherche ainsi que des entreprises dans les communes visées à l’annexe B précitée.

Et d’autres

Des garanties pour l’avenir du plateau de Saclay

L’adoption du texte de loi sur le Grand Paris : une victoire à la Pyrrhus, par Guy Burgel et Paul Chemetov

Observations sur le Grand Huit de Christian Blanc, par Jean Vivier

OIN, suite .. mais pas fin !

Dossier OIN, Jouy-en-Josas

Le grand Paris,le projet du Président

Grand Paris - Pôle scientifique et technologique du plateau de Saclay, par Philippe Chevalier, Avocat

(Ces réactions datent de fin mai, au moment du vote de la loi)

Je n’ai pas mis à ce jour ce site depuis longtemps. Je récupère quelques articles commencés et interrompus, que je laisse en l’état.

Voici une seconde partie résumée des débats au Sénat, suite au rapport de la commission mixte paritaire. L’objectif était de monter quels étaient les points les plus discutés et de mettre en avant les arguments des parties.

Les informations plus complètes sont accessibles sur le site officiel du Sénat:

Dossier législatif: Loi relative au Grand Paris :

Compte rendu analytique officiel du 27 mai 2010

Suite de l’article “Le Grand Paris au Sénat: Le Plateau de Saclay (1)“, sur les discussions relatives au plateau de Saclay dans le cadre de l’examen du projet de loi du “Grand Paris” au Sénat

Article 21: Description des missions de l’Etablissement Public Paris-Saclay

Des amendement de suppression ont été présentés. Ils sont rejetés.

Présentation de deux amendement sur la gouvernance:

M. Yves Pozzo di Borgo. -…Mais la réussite économique ne se décrète pas d’en haut. D’où nos réserves sur la gouvernance de l’établissement public.

Nous devons prévoir un cadre d’intervention pour l’établissement public mais dans le respect du principe de subsidiarité.

M. Bernard Vera. - L’établissement public va-t-il impulser la synergie ou imposer ses décisions aux différents acteurs du pôle ? Les structures opaques se sont multipliées ces dernières années. Le plan Campus en est un bon exemple : le fonctionnement de la fondation de coopération scientifique n’est pas satisfaisant. Il n’y a pas de personnel élu et pas de représentation étudiante. Aujourd’hui les décisions sont prises à l’insu des intéressés et sans guère informer les élus. Nous craignons que l’établissement public n’aggrave encore la situation.

Nous proposons d’instaurer des garde-fous pour que les acteurs de la formation et de la recherche aient à se prononcer.

L’amendement sur le principe de subsidiarité est voté.

Présentation d’un amendement sur la concertation, au niveau de l’environnement:

Ajout: les collectivités locales, les syndicats des eaux, les associations de protection de l’environnement,

Mme Dominique Voynet. - Je reviens à la vocation agricole du plateau de Saclay. Au XVIIe siècle, la construction du château de Versailles a exigé la création d’un réseau hydraulique exceptionnel. Aujourd’hui, il importe de n’exclure aucun partenaire concerné par cette problématique à Saclay.

M. Jean-Pierre Fourcade, rapporteur. - La concertation figure dans l’article 21. En outre, l’établissement public sera doté d’un comité consultatif chargé d’éclairer le conseil d’administration. Retrait.

M. Christian Blanc, secrétaire d’État. - Même avis.

Mme Dominique Voynet. - L’Agence de l’eau Seine-Normandie sera donc consultée. Elle est puissante, mais éloignée de Versailles… Il faut au moins mentionner les syndicats des eaux. Je pourrais rectifier mon amendement en supprimant les mots « les associations de protection de l’environnement, ».

L’amendement rectifié est adopté.

Un amendement précisant les activités agricoles maintenues sur le plateau est rejeté.

Un amendement est présenté par M. Bernard Vera sur l’équilibre hydrographique du plateau de Saclay, avec prise en compte de l’écoulement dans les vallées. Il est adopté.

Des amendements  proposent de supprimer la possibilité pour l’établissement public d’intervenir au‑delà de son périmètre et de créer des filiales:

M. Jean-Pierre Caffet. - L’article 20 dispose que l’établissement public doit impulser et coordonner le développement scientifique et technologique du plateau de Saclay. On peut comprendre qu’il puisse acquérir des terrains sur ce plateau, mais le texte étend cette faculté à l’ensemble du territoire national.

S’il y a une intention précise, qu’on nous l’explique ! Qu’on nous donne au moins un exemple concret.

Le Grand Paris copie le système anglo-saxon, où l’État délègue son action à des autorités très proches des entreprises qui jouent le rôle de marieuses et de porteuses de projet.

Mme Nicole Bricq. - On ne nous a pas expliqué l’objet des filiales que l’Épic pourra créer. Idem pour l’intervention hors périmètre géographique…

Ces amendements sont rejetés.

Articles additionnels (insertion),

portant sur le contrôle par le Parlement des activités de l’EPPS

- Amendement n°165:

Le Gouvernement, dans les six mois suivant la promulgation de la présente loi, présente au Parlement un rapport analysant les conséquences de la création de l’établissement public de Paris-Saclay vis-à-vis des autres territoires nationaux et leurs établissements publics ayant un objet similaire, notamment en terme de coordination au niveau régional des actions visant à promouvoir le développement scientifique et technologique de la France.

Amendement n°168:

Le Gouvernement présente au Parlement un rapport annuel présentant, en les justifiant, les prises de participation de l’établissement public de Paris-Saclay dans des entreprises, filiales, groupements ou organismes prévus à l’article 21.

L’amendement 168 rectifié est adopté.

Le projet de loi a été définitivement adopté au Parlement, lors d’un scrutin au Sénat portant sur l’ensemble du projet de loi relatif au Grand Paris, dans la rédaction du texte proposé par la commission mixte paritaire.

Le résultat du scrutin au Sénat donne 179 voix pour (droite et centre)  et 153 voix contre (gauche). 

Conclusions de la CMP (Commission Mixte Paritaire)

M. Jean-Pierre Fourcade, rapporteur de la commission mixte paritaire:

Le projet de loi sur le Grand Paris a fait l’objet d’un travail rapide, mais approfondi.

La CMP a dégagé un accord total entre les deux assemblées, dans un climat d’écoute et de respect mutuel.

Les principaux apports du Sénat ont été conservés par la CMP : concertation loyale avec les collectivités territoriales, gouvernance efficace, clarification du financement, volet logement.

Une discussion virile et franche avec le rapporteur de l’Assemblée nationale a permis de conserver ces ajouts.

La taxe sur les plus-values immobilières fera l’objet d’un demi-tarif pour éviter les effets de seuil, avec un taux de 7,5 % au lieu de 15 % dans un rayon de 800 à 1 200 mètres.

Nous avons en outre associé l’Association des maires d’Ile-de-France, qui regroupe plus de 80 % des communes franciliennes ; elle vient de perdre son président, M. Pernes, auquel nous étions tous très attachés.

La société du Grand Paris pourra construire aussi sur le territoire de communes n’ayant pas signé de convention. Toutefois, le pouvoir d’aménagement sera limité aux nouvelles gares. Au total, 2 000 hectares seront constructibles, soit un cinquième de la surface de Paris.

Nous avons aussi modifié la gouvernance de la société de Paris Saclay, dont le conseil d’administration comptera 2 sièges supplémentaires, passant de 19 à 21 membres.

Enfin, la CMP a trouvé des solutions raisonnables pour les deux points ayant soulevé le plus de difficultés.

Le projet Charles de Gaulle express est sécurisé : le contrat devra respecter les principes généraux du droit, conformément à la jurisprudence du Conseil d’État, mais l’État ne devra pas subventionner la construction de cette ligne.

Le projet Arc Express s’est trouvé au coeur de la discussion au Sénat. La CMP a interrompu le débat public sur ce sujet, car il est redondant.

A l’initiative des deux rapporteurs, la CMP a posé deux conditions à la reprise du débat public : la concomitance avec le débat public sur la double boucle et une bonne information du public sur les éléments techniques et financiers des deux projets.

En définitive, grâce au travail approfondi du Sénat et de la commission spéciale et dans un souci d’apaisement, la CMP a élaboré un texte équilibré dont je recommande l’adoption.

Suite des intervention sur le site du Sénat

Les commentaires dans la presse évoquent principalement les deux débats publics relatifs aux projets de transports, l’Arc-Express porté par la Région Ile-de-France et le “Grand-Huit” de Christian Blanc, avec les délais dus à ces consultations en parallèle.

Mais la création des établissements publics, la Société du Grand Paris (SGP) et l”Etablissement Public Paris-Saclay (EPPS) pourra être réalisée sans délai. Les effets de cette loi sur le plateau seront sans doute très rapides.

La présentation suivante se focalise sur les projets de transports.

Grand Paris : le débat public prévu pour septembre

Après les députés la veille, c’était au tour des sénateurs de voter le projet de loi sur le Grand Paris, jeudi soir. Les premiers coups de pioches vont pouvoir commencer. Enfin pas tout à fait. Place d’abord au débat public, aussi bien pour le projet gouvernemental de grande boucle que celui d’Arc Express porté par la région et le Stif. C’est d’ailleurs le principal compromis trouvé en commission mixte paritaire la semaine dernière : après avoir été retiré par les sénateurs, le projet régional de rocade par métro automatique a été réintroduit à l’initiative des députés UMP. Les consultations vont donc démarrer simultanément dans un délai de quatre mois, vraisemblablement en septembre, a annoncé mercredi devant les députés, le secrétaire d’Etat au développement de la région capitale, Christian Blanc. “Chacun des deux dossiers sera ainsi enrichi des éléments de consultation de l’autre afin de mieux informer le public”, a expliqué le rapporteur de la CMP, le député Yves Albarello.
Conséquence de ces mois de lutte entre Etat et collectivités, le projet de loi est un condensé de deux visions différentes, celle de la ville-monde capable de rivaliser avec les métropoles émergentes et celle du bien-être de ses habitants. Il y aura donc deux projets superposés : la double boucle (130 km) qui, à partir de la ligne 14 permettra de relier une dizaine de pôles de compétitivité et clusters (Plaine-Commune, Roissy, Orly, Saclay, Défense, Champs-sur-Marne, Evry, Seine-Oise et Montfermeil-Clichy-sous-Bois) et Arc Express (60 km), davantage centré sur l’agglomération. Mais la juxtaposition de ces deux réseaux obligera à revoir les hypothèses de financement. “Le rapport de la commission Carrez a été consciencieusement oublié et l’on ne trouve rien sur ce sujet dans la loi de finances 2010, pas plus que dans le texte sur le Grand Paris ou le grand emprunt”, n’a pas manqué de souligner la députée Annick Lepetit.

Mise en service en 2023

Après les consultations, les premiers contrats de développement territorial autour desquels s’articulera le réseau pourront être signés avec les communes. Le début des travaux est annoncé pour 2013 pour une mise en service en 2023, selon les pronostics de Christian Blanc.
La CMP a apporté quelques ultimes modifications. Elle a décidé de porter de 250 à 400 mètres le périmètre dans lequel la Société du Grand Paris (SGP) pourra intervenir autour des gares (une quarantaine sont concernées par le projet de Grande Boucle). Par ailleurs, la mise en œuvre de la taxe sur les plus-values immobilières liée à la réalisation des infrastructures a été modifiée : elle s’appliquera à taux plein dans un rayon de 800 mètres autour des gares et à demi-tarif entre 800 et 1.200 mètres. Les parlementaires ont également ajouté une ligne TGV, non prévue à l’origine, qui reliera Roissy et Orly en passant par Marne-la-Vallée, ce qui optimisera “sensiblement l’efficacité de la double boucle”, selon Yves Albarello. Enfin, ils ont rétabli la possibilité de financer le projet privé de CDG Express destiné à relier Roissy à la gare de l’Est.
Christian Blanc a joué l’apaisement et s’est dit prêt à débloquer le dossier du Sdrif (schéma directeur régional d’Ile-de-France) que, depuis plus d’un an, le gouvernement se refuse d’envoyer au Conseil d’Etat. “Après l’approbation de la loi, je proposerai à la région, sur la base du protocole d’accord sur le Sdrif acté en juillet 2009, de travailler de concert pour rechercher toutes les voies de notre complémentarité dans le respect des compétences de chacun”, a déclaré Christian Blanc. Une invitation boudée par le président du conseil régional Jean-Paul Huchon qui a indiqué, mercredi, qu’il se rendrait prochainement à l’Elysée avec le maire de Paris Bertrand Delanoë, pour un déjeuner.

Michel Tendil pour localtis.info

Références:

Sénat: projet de loi relatif au Grand Paris

Assemblée Nationale: Collectivités territoriales : le Grand Paris

Grand Paris : deux débats publics seront lancés sur les deux projets de métro automatique

Le projet de loi du Grand Paris définitivement adopté

Le projet Grand Paris sera payé par “une taxe spécifique à l’Ie-de-France”

Aujourd’hui,  les habitants d’Ile-de-France” sont pris en otage entre un Etat de droite et une région de gauche”. C’était un des constats d’Alain Dolium exprimés pendant la campagne des Régionales.

L’état du projet du Grand Paris, et également celui de l’aménagement du Plateau de Saclay, viennent hélas confirmer cette analyse. Un projet qui se voulait ambitieux, s’est retrouvé englué dans des querelles Etat-Région, sur fond de polémiques sur la décentralisation ou  la concertation. Les dernières déclarations relatives au gel des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales  risquent de  déclencher  un nouveau bras de fer entre État et collectivités locales.

Sur le projet de loi du Grand Paris, l’Etat et l’UMP ont fait une concession à la région au sujet des transports.

Un petit pas en avant pour le Grand Paris

Un cessez-le-feu semble avoir été proposé par la Commission Mixte Paritaire: l’amendement du Sénat,  qui enterrait le projet “Arc-Express” de la région, a été retiré. Ce geste d’apaisement semble être inspiré de l’Elysée, les méthodes de Christian Blanc ayant irrité également des élus UMP. Mais l’armistice porte sur la question des transports, et  les points de désaccord opposant l’Etat et les collectivités locales sont loin d’être tous réglés.

Selon Le Figaro:

Ces dernières semaines, l’Élysée a joué un rôle clé pour sortir du bras de fer qui opposait Christian Blanc à Jean-Paul Huchon. Sans compter la gestion des tensions au sein même du gouvernement où le secrétaire d’État chargé du Développement de la région capitale est pointé du doigt pour sa tendance à faire cavalier seul. À cela s’ajoutent des études techniques -dont certaines émanent d’organismes sous la tutelle de l’État, comme l’Insee ou la Direction générale de l’équipement d’Ile-de-France- qui remettent en cause les études de Blanc affirmant, entre autres, la création d’un million d’emplois d’ici à quinze ans.

Chantier présidentiel oblige, le secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant a donc repris la main.

Les transports

Le discours entendu aujourd’hui est que les deux projets de transports, “Arc Express” et le “Grand Huit” seraient  “compatibles”.

Car pour le gouvernement, la guerre est finie : Arc Express et le tracé du métro de Blanc doivent se confondre. Le Sdrif sera validé, quitte à être révisé dans la foulée.

transports_grandparis

Le discours entendu aujourd’hui est que les deux projets de transports, “Arc Express” et le “Grand Huit” seraient  “compatibles”.

Car pour le gouvernement, la guerre est finie : Arc Express et le tracé du métro de Blanc doivent se confondre. Le Sdrif sera validé, quitte à être révisé dans la foulée.

Mais, après les différents débats sur le thème des transports, comment pourrait-on faire converger les projets, et comment résoudre la question du financement ? Qu’en est-il des projet de tangentielles, proposées par RFF ?

Cet article résume les deux visions de la politique  des transports en Ile-de-France: Grand paris : « arc express » ou « grand huit », deux logiques s’affrontent (les cartes des deux tracés)

La "double boucle" de Christian Blanc

Arc Express Cliquez sur l'image pour agrandir
Arc Express

Comment en pratique faire coexister les deux projets, avec lancement rapide et quasi-simultané des deux consultations de débat public (supervisés par la Commission Nationale du Débat Public, la CNDP)

Mais la question des transports n’est pas le seul contentieux entre la Région et le Secrétariat d’Etat. La constitution des différents pôles et leur répartition géographique devraient aussi être discutées. Nous retrouvons les problèmes liés au projet d’aménagement du Plateau de Saclay.

Du Grand Paris au grand gâchis

Désormais, le regroupement géographique des pôles spécialisés va faire l’objet de toutes les attentions de l’Etat : La Défense, Saclay, La Plaine Saint-Denis, Le Bourget, entre autres. Mais des économistes questionnent l’efficacité de la réunion physique des compétences. Surtout à l’heure des réseaux. Entre la montagne Sainte-Geneviève, sur la rive gauche parisienne et le plateau de Saclay en passant par la vallée scientifique de la Bièvre, il y a certes une trentaine de kilomètres mais énormément d’échanges. C’est la vie moderne. Quant à la vie de l’habitant métropolitain, on n’en a pas parlé pendant tous ces mois. Les logements trop rares, trop chers et trop petits, les impôts locaux hors de prix dans des communes dégradées, les trains de banlieue au bord de l’asphyxie et, bien souvent, l’envie de s’enfuir de cette vie-là, ne figurent pas au débat. C’est celui-là, le grand gâchis.

Si le texte final ménage la région, il n’en suscite pas moins des réactions fortes, notamment  sur la gouvernance, la concertation et le respect des prérogatives des élus territoriaux. Le député-maire de Palaiseau, président de la CAPS (Communauté d’Agglomération du Plateau de Saclay) a fait part de ses inquiétudes et sa colère relatives au projet d’aménagement du Plateau.

Communiqué de presse de François Lamy sur le grand Paris

A l’issue des travaux de la commission mixte paritaire sur le projet de loi « grand Paris », comment ne pas être à la fois déçu et en colère quant aux perspectives d’avenir sur le Plateau de Saclay. La constitution d’un grand pôle européen de Recherche et d’innovation dans un environnement préservé nécessitait une adhésion et une mobilisation de tous les acteurs, élus, citoyens, scientifiques et universitaires. A l’heure où l’Etat n’a plus les moyens humains et financiers de mener de grandes opérations d’aménagement, au moment où la décentralisation a montré son efficacité pour réaliser au plus du terrain des projets d’intérêt général, le projet de loi de Christian Blanc, avalisé par la majorité parlementaire, accouche d’un monstre technocratique qui méprise les élus et les citoyens et dont on peut mesurer aujourd’hui quelle sera son inefficacité demain.

Depuis quelques années, sur le Plateau de Saclay, les acteurs scientifiques, universitaires et économiques, ont mené des coopérations et bâti des projets.

Les élus locaux se sont mobilisés, ont apporté leur connaissance du terrain, leurs capacités à innover et réussi à susciter l’intérêt des citoyens pour ce grand projet. Ils attendaient tous un Etat moderne, c’est‐à‐dire un Etat qui coordonne, qui impulse et qui finance aux côtés des collectivités territoriales.

Au final d’une discussion parlementaire réalisée dans l’urgence et sans écoute réelle de l’opposition, la loi de Christian Blanc accouche d’un Etablissement Public aux pouvoirs pharaoniques, géré par un Président Directeur général sans légitimité démocratique, régnant sur un territoire qui fait trois fois la superficie de Paris. Les élus sont réduits au rôle de « vache à lait » par un Secrétaire d’Etat aux méthodes autoritaires et technocratiques qui confond concertation et soumission.

Face à ce formidable gâchis, il faudra beaucoup de sagesse et de sang froid aux élus pour ne pas claquer la porte et laisser l’Etat se débrouiller seul, c’est‐à‐dire ne rien faire. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement.

Soit il change radicalement d’attitude et démontre sa capacité à co‐piloter le projet avec ceux qui connaissent le terrain et ont fait la preuve de leur efficacité, soit le grand projet du Président de la République sera mort‐né et à ranger une fois de plus sur l’étagère des annonces fracassantes sans lendemain.

Références

Grand Paris: où est la cohérence?

Du Grand Paris au grand gâchis

Grand Paris: l’État et la région se rapprochent

Grand Paris : députés et sénateurs trouvent un compromis

Grand Paris : le débat public sur le projet Arc Express aura bien lieu


Grand Paris pagaille

La Commission Mixte Paritaire, réunissant des membres des deux assemblées parlementaires,  examine très prochainement le projet de loi “Grand Paris”, dans sa version modifiée par le Sénat. Cette Commission, la CMP, travaille dans le cadre de la “procédure d’urgence” voulue par le gouvernement. Les opposant affûtent leurs arguments, et se sont déjà déclarés près à faire la guerre à ce projet.

C’est la confusion la plus complète dans la bataille qui oppose la Région Ile de France et  l’Etat, représenté  par Christian Blanc. Ce dernier rencontre aussi des contradicteurs inattendus: des experts qui contestent ses chiffres, le MEDEF, Attali et même des parlementaires UMP qui lâchent du lest en faveur du projet “Arc Express”, torpillé par le Sénat.

Le Grand Paris s’extirpe du Parlement, l’opposition résiste

Trop flou, trop cher, trop centralisateur: le projet de Grand Paris de Christian Blanc, qui doit être adopté jeudi par le Parlement, suscite l’ire de la gauche qui lui promet un sombre avenir.

Une commission mixte paritaire doit définir jeudi le texte, amendé à l’Assemblée puis au Sénat, créant l’établissement public - Société du Grand Paris - maître d’ouvrage d’un projet estimé à 35 milliards d’euros, dont 21 milliards pour la création du “grand huit”, un métro automatique de 130 km reliant des pôles d’activité et les aéroports franciliens.

Le texte défendu par Christian Blanc, secrétaire d’Etat au Développement de la région capitale, concrétise la partie transports de l’ambition de “Grand Paris” présentée il y a un an par Nicolas Sarkozy, un projet titanesque qui doit rapprocher Paris et sa banlieue et faire de la capitale une “ville monde”.

Mais le vote de la loi n’est qu’un début, prévient la gauche et notamment les élus d’Ile-de-France qui, maires ou conseillers régionaux, crient au jacobinisme. Des études et un débat public vont suivre, éventuellement des recours en justice, et le PS “se réserve le droit” de saisir le Conseil constitutionnel.

“D’un seul coup, on s’aperçoit du gouffre devant lequel se trouve ce processus. Le texte est voté, qu’est-ce qui se passe le lendemain matin ?”, a dit mercredi le sénateur socialiste Jean-Yves Le Bouillonec lors d’une conférence de presse.

Selon le président de Paris métropole, le “grand huit” ne pourra être achevé compte tenu du budget que prépare l’exécutif, de sa marge de manoeuvre vis-à-vis de la Commission européenne et de “l’impossibilité pour l’Etat d’aller dans cette stratégie sans prendre le risque à chaque décision prise, de contentieux par les collectivités ou par les habitants”.

“MANIAQUE”

Après le vote, “les choses vont reprendre, c’est pas fini”, a assuré la sénatrice socialiste Nicole Bricq. Le texte, “il ne faut pas lui donner plus d’importance qu’il n’en a”.

Les parlementaires de l’opposition n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer l’attitude de Christian Blanc depuis sa nomination, en mars 2008. Plusieurs députés franciliens de droite se sont abstenus ou ont voté contre le texte à l’Assemblée nationale et se sont montrés féroces.

L’ancien dirigeant de la RATP est également surveillé par l’Elysée et Matignon, depuis un échange épistolaire au ton aigre avec François Fillon sur le contenu du projet de loi.

Les architectes ayant travaillé sur le Grand Paris ont enfin déploré d’avoir été mis à l’écart par le secrétaire d’Etat, ce qu’a voulu corriger Nicolas Sarkozy en leur donnant un rôle prépondérant dans l’Atelier international du Grand Paris.

“Monsieur Blanc, dans l’immensité des questions du Grand Paris, vous vous êtes perdu”, a écrit Jean Nouvel dans Le Monde. “Vous faites souvent référence à Haussmann. Comme lui, vous êtes préfet, mais vous ne serez jamais Baron”, dit-il.

Selon Le Canard enchaîné, une étude bientôt rendue publique a poussé l’exécutif à aplanir les différends avec les acteurs locaux et à laisser une chance au projet de la région, un métro de rocade allant de banlieue à banlieue. L’amendement voté par le Sénat qui enterrait l’Arc Express sera supprimé jeudi, ont d’ailleurs annoncé les députés UMP.

L’étude, menée par un institut de la région Ile-de-France avec l’Insee et la direction régionale de l’équipement, dément les prévisions gouvernementales présentées en amont du débat.

Selon les parlementaires socialistes, elle prévoit d’ici 2030 la création d’environ 300.000 emplois (contre 800.000 à un million selon le gouvernement) et le métro transporterait moins de voyageurs chaque jour que les trois millions prévus.

Les socialistes dénoncent un “coup de bluff”, arguant que l’Arc Express tel que le tolère Christian Blanc diffère de celui de la région par ses délais, sa gouvernance, sa finalité et son financement.

Compléments

Les élus de gauche critiquent la pertinence du Grand Paris

Grand Paris : Deux études contestent les chiffres de Blanc

Grand Paris : coups de théâtre et retournements dans la guerre des métros

Le Medef s’oppose au Grand Paris

Grand Paris : “large accord” pour Pécresse

Les députés UMP décident de sauver le projet régional Arc express

Jean Nouvel étrille le projet du Grand Paris de Christian Blanc.

Il s’était déjà insurgé contre la vision et la méthode dans une tribune du Monde en octobre dernier (Jean Nouvel : “Le projet du Grand Paris est menacé de s’enliser dans la confusion”), et sur France-Inter:

http://www.dailymotion.com/videoxavio2

Il récidive dans l’édition du Monde datée du 20 mai. Il réagit ainsi à la sortie du livre : Le Paris des Grands Hommes de Christian Blanc

Mais enfin Monsieur Blanc !…,

Voici un extrait traitant plus particulièrement du Plateau de Saclay

Un mot, Monsieur Blanc, vous est cher : “cluster”. Le modèle américain ne s’applique pourtant pas automatiquement à Paris Métropole. Vous nous dites que “le plateau de Saclay a toutes les cartes en main pour devenir une référence mondiale de l’ampleur de Silicon Valley”. Notons quand même que le rapport d’échelle du cluster de Saclay à celui de Silicon Valley est au moins de 1 à 10. Et que les analyses économiques récentes montrent l’obsolescence de ce concept américain et sa non efficacité dans des métropoles telles que Tokyo et Paris, beaucoup plus mixtes et complexes que le sont New York et Londres. L’échelle des territoires de compétitivité est plutôt celle de la vallée de la Seine et de ses affluents.

Cette hyper-concentration de ce cluster, en terme de territoire et de gouvernance, est un aspect qui inquiétait déjà un certain nombre d’observateurs.

Nous avons déjà regretté le processus de construction du projet, avec une équipe réduite, rejetant l’avis des experts, ingénieurs et urbanistes, sans concertation avec les élus. Cet avis semble partagé par d’autres acteurs.

Voici quelques autres extraits:

vous écrivez : “raser même s’il le faut !”. Mais enfin Monsieur Blanc, nous vous le disons depuis deux ans : on ne rase plus ! On ne joue plus les Haussmann dans les zones pavillonnaires, comme vous le revendiquez pour Clichy Montfermeil ! On ne fait pas aujourd’hui le Grand Paris en virant les gens de chez eux. Ce sont des méthodes d’un autre âge…

Mais si votre Métromatic, au contraire du métro de Bienvenüe qui a la gentillesse de s’arrêter toutes les minutes, se révélait vraiment impopulaire, parce que claustrophobique, psychologiquement insécure, avec des parcours dépassant le quart d’heure entre deux stations. L’échec (“failure”) ne deviendrait-il pas réalité ?

Mais enfin, Monsieur Blanc, l’humilité ne demande-t-elle pas d’écouter avant de décider ? L’humilité n’appelle-t-elle pas la transparence des structures de décision ?

Ici Saclay…

Les habitants, élus, associations, étudiants, salariés, chercheurs, agriculteurs du Plateau de Saclay ont souvent regretté le manque de transparence et de concertation dans ce projet d’aménagement. Où en est l’information?

Le campus dans la presse

La presse commence à relayer la promotion du campus de Saclay (Dépêche AFP, reprise au niveau national, par exemple Science et Vie “Le Plateau de Saclay s’invente un avenir de campus international,et même international “Avec le campus de Saclay, la France veut rivaliser avec Harvard ou le MIT).

Communication ?

Une cellule dédiée

Une cellule de “communication” a été  mise en place pour faire la promotion de l’OIN: “L’OIN : une équipe jeune pour une communication ouverte sur le Grand Paris”.

Deux sympathiques  membres de cette cellule  ont été interviewés par les internautes de  Monsaclay.fr.

Concernant cette interview, certaines positions peuvent sembler étranges aux personnes qui ont suivi le projet et connaissent son historique:

« Nous allons communiquer sur la méthode et nous allons privilégier l’écoute »

Apprécieront ceux qui connaissent la capacité d’écoute des décisionnaires, et l’écho fait aux demandes des associations, élus et parlementaires sur ce projet. Il n’est question en fait que de communication “descendante”.

« Il y a trop de fantasmes sur le projet du Grand Paris. Beaucoup de plans erronés circulent… La vérité est que nous ne sommes qu’au stade du projet et que nous voulons rencontrer et écouter les habitants ».

Sur le Plateau de Saclay, il n’y a pas de grues ?  S’il y a des plans erronés qui circulent, pourquoi ne pas présenter et discuter ceux qui sont en cours?  Un minimum de transparence, même vers les élus locaux, serait la bienvenue. Quels sont les habitants considérés ?

« Certains affirment que nous allons bétonner le plateau. Ce n’est pas du tout la réalité. Ce projet mettra en valeur cette région en faisant cohabiter un développement respectueux de l’environnement et en protégeant de grands espaces naturels »

Tiens, plus de “vocation agricole”du Plateau. C’est vrai que les agriculteurs du secteur ne sont que de “gros céréaliers”, seuls les “petits maraîchers” pouvant être “protégés”. Et comment circule-t-on, favorise-t-on “l’effet cafeteria” sans routes, sans transports ? Via internet ?

« Nous concevons le cluster de Saclay comme un projet de proximité. Les médias sociaux nous offrent de formidables outils de dialogue et d’échange avec ceux qui vivent aujourd’hui sur le Plateau ».

Le campus Paris-Saclay est “vendu” comme un campus de “rang mondial”.  L’OIN Paris-Saclay concerne 49 communes, près de 3 fois la surface de Paris, environ 650 000 habitants. Vive Twitter pour assurer la communication ! La réduction de la “cible de communication” aux seuls “habitants du plateau” n’est pas acceptable.

Nous avons des élus, des associations, qui sont aussi des interlocuteurs, sans négliger le débat direct. Mais comme d’habitude, on sent que la communication sera fragmentée, sans traçabilité. La concertation sur le QoX Nord est révélateur: vous devez être habitant ou travailler sur la zone pour être “autorisé” dans le débat.

Le périmètre d’intervention de cette “cellule de communication” parait très réduit en terme de compétences et de moyens, par rapport aux objectifs et aux besoins du projet, si l’on souhaite une véritable participation, avec l’adhésion des habitants, travailleurs et élus du périmètre de cette “OIN Plateau de Saclay”. Ou ne serait-elle conçue que comme un sorte d’”agence de presse”, ciblant les habitants de quelques villes sur le territoire du “campus” ?

Site web de l’OIN

Le site de la  mission de préfiguration de l’établissement public de l’OIN “Plateau de Saclay” ressemble étrangement à celui de l’OIN “OIN Massy Palaiseau Saclay Versailles St Quentin en Yvelines“, qui prévoyait l’urbanisation du Plateau de Saclay, et l’arrivée de 350 000 habitants sur le périmètre (équivalent à deux villes nouvelles).

Il n’y a pas d’historique ni de datation des informations. Quelques informations ont disparu. Mais on y retrouve une page consacrée à la concertation et au débat avec le public, alors que Christian Blanc a refusé le principe de la saisine de la Commission Nationale du Débat Public pour cet OIN (la précédente consultation avait montré un rejet des propositions de la l’OIN “Massy-Palaiseau-Versailles-Saint Quentin en Yvelines).

Le projet de loi, même après son passage au Sénat, exclut les associations locales des consultations. Celles-ci se sont retirées du débat (Plateau de Saclay : la concertation en trompe l’œil, ça commence à bien faire !)



Older Posts »

Fermer
E-mail It
Pour créer un lien vers cet article sur votre site,
vous pouvez copier et coller le code html ci-dessous dans votre page.



Prévisualisation :
Ici Saclay…
Vues du Plateau de Saclay - 19 mai 2010
Vues du Plateau de Saclay
Aide : Share this fr est un plugin multi-fonction permettant de diffuser et partager cet article via les réseaux sociaux les plus courants.
Favoris : permet d'enregistrer et partager l'article sur des sites de favoris/bookmarks.

Web Social : permet de diffuser et faire découvrir l'article via les sites sociaux.
Email : permet de recommander l'article à un ami.
Citer : code html à copier coller sur vos pages pour citer cet article.
Télécharger Share this fr