Grandes Ecoles- Universités: coopération difficile à Saclay

L »Université Paris-Sud faisait preuve d’une relative bonne volonté, en acceptant de justesse son déménagement sur le Plateau de Saclay. Son site web consacre une bonne place à l’opération Campus Paris-Saclay.

Un partenariat entre l’Université, Centrale et Supélec a été signé, signe d’un rapprochement positif: Création d’un programme de double diplôme entre l’Université Paris-Sud 11, l’Ecole Centrale Paris, et Supélec.

Mais la gouvernance de la Fondation de Coopération Scientifique (FCS), qui gère  » l’opération campus », avec ses 23 acteurs, pose des difficultés au niveau de la représentativité et du poids réciproque des établissements. Se sentant malmenés, les représentants de l’Université ont quitté la table.

Peut-être pourrait-on éviter les postures de type « tout cela, c’est politique » pour expliquer les conflits, et mettre de côté les (en)jeux de pouvoir, dans un esprit de respect réciproque (c’est mon quart d’heure Schtroumpf à Lunettes peut-être, mais il y a parfois des attitudes désespérantes dans cette affaire)

L’accord de l’Université Paris-Sud est un sésame indispensable à la poursuite du projet de campus Paris-Saclay.

Un autre point fragilise l’édific, au niveau de l’Etablissement Public Paris-Saclay, avec la sortie des représentants de la gauche, furieux de ne pas voir leurs demandes considérées.

Voici un résumé de la situation:

Campus de Saclay : la gouvernance des opérations remise en jeu

(sur EducPros.fr)

Les statuts de la Fondation de coopération scientifique (FCS) rassemblant les 23 établissements du campus de Saclay n’ont pas été adoptés par l’université Paris-Sud. Retour sur les enjeux de cette décision.

Le « chantier présidentiel » du plateau de Saclay n’est décidément pas un long fleuve tranquille, malgré les avancées symboliques. Mi-octobre, le ministre de la Défense, Hervé Morin, avait posé la première pierre de l’ENSTA ParisTech qui doit s’installer sur le nouveau campus à la rentrée 2012. Quelques semaines avant, le 23 septembre 2010, Nicolas Sarkozy avait fait le déplacement sur les lieux de ce futur « cluster scientifique et technologique ».

Dans son discours à l’Institut d’Optique Graduate School, le président de la République indiquait que : « l’Université de Paris-Sud devra continuer à prendre toute la place éminente qui lui revient dans cet extraordinaire concentration d’intelligence que va désormais incarner Saclay ». Et confirmait la création « d’un pôle biologie pharmacie santé qui s’appuiera sur les équipes de la Faculté de Pharmacie de l’Université Paris-Sud ».

La fondation de coopération scientifique doit gérer les fonds du Grand emprunt

Une condition avait alors été détaillée. « La Fondation de Coopération Scientifique (FCS) réunissant tous les acteurs du projet campus Paris-Saclay verra ses statuts adaptés pour être l’institution garantissant la cohérence des projets scientifiques communs et sera par ailleurs le porteur de projets déposés par ses membres au titre du Grand emprunt ». Un enjeu de taille alors qu’un milliard d’euros sont attendus au titre de ce Grand emprunt auxquels s’ajoutent les intérêts placés des 850 millions d’euros du plan Campus.

La condition mise par Nicolas Sarkozy vient de prendre du plomb dans l’aile. Le 8 novembre 2010, le conseil d’administration de l’université Paris-Sud devait se prononcer sur les nouveaux statuts de cette Fondation de coopération scientifique (FCS) établissant la gouvernance entre les 23 établissements du consortium de l’opération campus. Le conseil n’a finalement pas soumis au vote ces nouveaux statuts devant l’opposition des représentants des étudiants et des personnels. Une commission interne à l’université doit proposer des modifications à ces statuts. Une fois modifiés, les statuts devront à nouveau être approuvés par tous les établissements du consortium… « Si Paris-Sud ne valide pas ces statuts, cela va bloquer le projet de campus en lui-même », explique le chef de cabinet de la présidence de Paris-Sud.

Rififi à l’Etablissement public de Paris-Saclay

Parallèlement, les deux premiers conseils d’administration de l’Etablissement public de Paris-Saclay, l’instance devant coordonner l’opération de cluster (sur les aménagements, les opérations immobilières) en application de la loi sur le Grand Paris, ont été politiquement houleux. Quatre jours avant le conseil d’administration de Paris-Sud, les élus de gauche s’étaient violemment opposés aux représentants de l’Etat pour le peu de cas fait à leur demande de remise à plat du projet tel qu’il est envisagé. La balle n’a pas fini de rebondir.

Sur un ton beaucoup plus revendicatif, et plus argumenté:

Campus de Saclay : l’Université Paris-Sud se rebiffe

(Sur Sciences ², blog dédié aux sciences de Libération)

L’examen des projets de statuts de la Fondation de coopération scientifique (FCS) Campus Paris-Saclay tourne à l’affrontement. Cette FCS doit, selon le préambule des statuts actuellement en discussion exercer «la responsabilité de la définition et de la mise en oeuvre de la stratégie scientifique du campus» et en tant qu’«organe de gouvernance» conduire «un projet transformant pouvant préfigurer le système de recherche, d’enseignement Supérieur et d’innovation du XXIème siècle dans un contexte de concurrence internationale».

Ce discours entre en violent conflit avec les actes. Et en particulier le projet de statut de la Fondation de coopération scientifique tel que poussé par le ministère de Valérie Pécresse. Il suffit de se pencher sur la composition de son futur Conseil d’Administration pour le vérifier. L’actuel projet de statut stipule en effet que l’Université Paris-Sud n’y disposerait que de 11 voix sur 125, et le Cnrs de 7 voix… alors que ces deux entités apportent 60% des étudiants du futur campus et plus de 50% des chercheurs, ingénieurs et techniciens des laboratoires.

Devant cette proposition invraisemblable, en totale contradiction avec les discours ministériels – à moins que la formule « universités autonomes et au coeur du système » ne cache un projet très différent de son affichage – le Conseil d’Administration de Paris-Sud a exprimé sa volonté de voir ce projet de statut amendé. De son côté, le PDG du Cnrs, Alain Fuchs, a fait part de sa vive inquiétude à la dernière réunion du Conseil Scientifique du Cnrs.

…Les questions liées à la gouvernance du futur Campus ne sont pas les seuls problèmes posés par un projet monté à la hâte. Le gouvernement a mis le couteau sous la gorge des universitaires en les menaçant de voir l’université péricliter s’ils n’acceptaient pas un déménagement sur le plateau de Saclay, quittant ainsi le site d’Orsay. Or, cette décision pourrait bien se traduire par un gigantesque gâchis d’argent public.

Des équipements scientifiques lourds (à l’Institut d’astrophysique spatiale dont les bâtiments sont récents, Elyse en chimie…) ne se déplacent pas en un tour de main. La démonstration selon laquelle rénover et étendre le campus sur son lieu actuel serait plus cher que des constructions nouvelles sur le plateau n’a pas été faite et heurte le simple bon sens. De toute façon, un tel déménagement ne saurait être rapide et suppose d’avoir au préalable réglé de manière satisfaisant l’accès par les transports publics pour des milliers d’étudiants. Lire ici une note présentant une contestation du projet.

Références

Présentation de l’université Paris-Sud du campus plateau de Saclay

Les acteurs du campus Paris-Saclay

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